jeudi 31 décembre 2015

Bonne année 2016

2015 fut bouleversante. J'ai connu le meilleur et j'ai eu un bref aperçu du pire. Je me souviendrai de ce raz de marré d'émotions en regardant au plus loin mais aussi au plus près.

"Le monde n'est pas rose mais il y a bien des choses à faire avec tout ce noir".

Vous avez tous mes voeux d'optimisme pour 2016.

mercredi 30 décembre 2015

TFmag interview français/anglais

Je vous dispense d'une longue introduction tant je m'étale ensuite. Je précise que si la parution avait été en français je vous aurai simplement invité à ouvrir le magazine ... mes contacts polonais étant restreints voilà ce qui s'est dit:


1.Please tell us more about your background. For how long you’re involved in tattoo scene? What made you go this way? What was the most powerful factor when you start to tattoo?
Je suis issu d’une famille modeste et je suis le fruit d’une éducation à la fois rigide et libre, pour cause, la confiance est un point fort de mon éducation. Comme beaucoup de personnes, je dessine depuis mon enfance et j’ai fait les Beaux Arts sans savoir ce qui m’attendait ou ce que je voulais faire par la suite. Là-bas, j’ai plus appris à comprendre et conceptualiser les choses qu’à développer une technique particulière … cette frustration m’a poussé à essayer les choses dans mon coin, en apprenant à tout remettre en question. J’ai ensuite commencé à travailler dans le graphisme mais très vite j’ai compris que le tatouage était un monde plus libre. Il est simple de comprendre que pour plaire à une personne on peut se permettre d’avoir plus de personnalité que pour plaire à 100 000 clients avec un seul “produit”. Pour la suite, je suis un autodidacte et ma plus grande chance quand j’ai débuté dans le tatouage, c’est qu’il ne soit jamais rien arrivé de regrettable à mes “cobayes”.
J’ai donc une machine entre les mains depuis six ans. J’ai commencé à l’utiliser en magasin, il y a quatre ans et depuis un an, je l’utilise en toute liberté.
I come from a humble background and was raised both strictly and freely, with a focus on trust. Just like many people, I started drawing when I was a child, and I went to art school without really knowing what to expect or what I really wanted to do afterwards. I learnt to understand and conceptualize things, but not to grow specific technical skills, which was frustrating. That’s why I started experimenting on my own, learning to question everything. After that, I began to work as a graphic designer, but I realized soon enough that there was much more freedom in the tattooing field. It’s quite obvious that if you want to appeal to only one person, you can express your personality much more than if you need to appeal to 100,000 customers with a single “product”. As for my beginnings, I’m self-taught and I feel quite lucky that nothing dangerous ever happened to my first “guinea pigs”.
I’ve had a tattoo machine in my hands for 6 years; I started using it in a shop 4 years ago and I moved to my own private studio just one year ago.

2. Do you feel more as an illustrator or tattoo artist? Which of these areas more absorb you? What other fields of art interest you?
Je me sens illustrateur avant tout, même si je gagne principalement ma vie avec le tatouage. Je suis dans une forme de narration où je cherche vraiment à retranscrire les histoires ou les émotions des gens avec des codes qui me sont propres.
J’illustre des propos en m’accordant avec les formes et les goûts de ma feuille.
De plus je ne connais pas vraiment la definition de “artiste tatoueur”. Le mot Artiste seul est un mystère pour moi. Je me sens plus comme un artisan ayant développé un language très personnel en quête de discours à interpréter.
A l’avenir j’aimerais aussi être un peu plus interprète de mes histoires, je fais au quotidien un travail d’introspection, de conscience de soi et j’aimerai le communiquer aux gens qui veulent bien “l’entendre”.
J’apprécie la photographie et l'audiovisuel , mais je suis sensible à toutes formes d’art si les intentions sont fortes, personnelles et honnêtes .
I feel as an illustrator above all, even if tattoos are my main source of income. I really try to convey people’s stories or feelings through my own narrative codes, drawing according to the shapes and tastes of my “sheet”.
Plus I don’t really know what a “tattoo artist” is. The word “artist” itself is a mystery for me. I feel more like a craftsman with a very personal language, searching for views to express.
In the future, I’d also like to express more of my own stories: I’m working daily on introspection and self-awareness, and I’d like to communicate this to people ready to “hear” it.
I like photography and video, but I can be touched by any form of art as long as the work is strong, personal and genuine.

3. Why you don’t like the colors? Tell us about your romance with the black. Why did you chose them?
Je n’ai jamais dit que je n’aimais pas la couleur ! Je ne fais plus de couleurs par choix. La quête de puissance graphique de lisibilité et de cynisme m’a naturellement guidé ici. Peu importe la façon de communiquer je pense qu’il faut travailler sur “l’unicité dans la diversité”. Comme en photographie, la couleur donne des informations de températures qui peuvent influencer la lecture d’une image. En noir et blanc, la forme, la contreforme, l’ombre et la lumière sont valorisées. Il y a un côté minimaliste à tout ça qui me plaît dans la mesure où le plus petit détail sera aussi visible qu’un contour épais. Et puis il faut avouer que le noir ça passe bien avec tout!
I never said that I don’t like colors! I just chose not to use them anymore. My search for graphic power, readability and cynicism naturally led me to this choice. No matter the way one communicates, I think one needs to work on “unity in diversity”. Just like in photography, colors give temperature information that can influence the way you read an image. Black and white enhance shape, counter, shadow and light. There’s a minimalistic side in this that I really like, as the smallest of details will be as visible as a thick outline. And, well, black is the new black! It suits everything.

4. How would you describe your style? What kind of motives do you especially like? What effects you want to achieve in your works? Which aspects are the most important for you?
Ce n’est pas à moi de décrire mon travail (c’est votre travail de journaliste ça! lol). Mon style se rapproche simplement de ma personnalité.
Même si j’aime piocher dans le cinéma je n’ai pas de restriction de thématique. Du moment où l’on me laisse interpréter un projet, c’est l’intention et les motivations qui comptent. Ceci dit je ne me lancerai pas dans des domaines qui me rebutent completement comme certaines politiques, le porno et le foot.
Ce qui m’importe le plus c’est d’être honnête envers moi-même et donc les gens qui me choisissent. Je travaille pour ne pas avoir l’impression de travailler quand je fais “de l’illustration” .
Techniquement j’essaye de penser à la solidité et lisibilité graphique de mes réalisations pour que l'impact traverse le temps. Je veux maîtriser/assumer mes choix graphiques. Bizarrement je provoque l’accident graphique sans jamais vouloir le subir. Mon objectif le plus intéressant est sûrement de rentrer dans la vie des gens et d’en sortir un détail personnel à mettre en lumière sans en livrer l’histoire; quitte à créer de l’ambiguïté pour brouiller les pistes.
I can’t really describe my work (it’s not my job, it’s that of journalists like you! ;) ). My style just fits my personality.
Even if I like to pick themes from movies, I don’t have any thematic restrictions. As long as people let me interpret their project, what matters is intent and motivations. But I don’t think I would get into fields that I really dislike such as politics, porn and soccer.
What matters the most to me is to be true to myself and to people who choose me. I work so that when I’m “just drawing”, it doesn’t feel like work.
Technically speaking, I try to ensure my works’ solidity and graphic readability so that time doesn’t affect their impact. I want to master and assume my graphic choices. Strangely enough, I cause “graphic accidents” but I never want to be forced to cope with them. My most interesting goal is probably to get into people’s lives and find a personal detail that I can highlight without uncovering its story, even if it means creating some ambiguity.

5. Please describe your shop, workmates.
Je “travaille” tout seul en atelier privé, dans ma maison. Pour la description, je dirais que c’est grand pour une personne et à voir! Tout avoir au même endroit me permet d’humaniser mon activité … toujours dans cette quête de ne pas avoir l’impression de travailler. Je ne fais plus de dissociation maintenant. De plus ça me permet de voir mon petit garçon grandir.

I “work” on my own, in my private studio, at home. I’d describe it as quite big for one person, and a place that needs to be seen! Having everything in one place allows me to make my activity more human… that’s also a part of my quest to feel like I’m not working. There isn’t any real separation anymore. And this way, I can see my young son grow up.

6. Tell us a bit about place where you live and about approach to tattoos in your country? What kind of tattoos are popular in France, which French tattoo artists do you admire?
Je vis dans le centre de la france à Clermont-Ferrand. C’est une grande ville étudiante active au milieu d’une région “rurale”. Contrairement à ce que pense le reste de la france, c’est une ville qui est très riche culturellement parlant. Je mets autant de temps pour aller en centre ville que pour aller courir dans les bois. Et au passage on y mange très bien même si l’on est végétarien!
En france le tatouage le plus présent serait le maori ( il y a une grosse culture du Rugby à Clermont-ferrand) mais il y a une montée en puissance du tatouage réaliste ces dernières années.
Quand on me parle de tatouage français je mets tout de suite 3 références en lumière: Yann Black, Jean-Luc Navette et l’Andro Gynette. Ce sont des gens qui transpirent leur sensibilité et leur façon de penser dans leur réalisations. Ça va au delà du tatouage porté avec ces personnes. L’impact graphique est à la hauteur du discours avec eux.

I live in central France, in Clermont-Ferrand. It’s a big lively city with lots of students, in a rural region. Contrary to its reputation in the rest of France, the cultural life is really rich here. It takes me the same time to get downtown or to go running in the woods. And vegetarians can eat really well here as well!
In France, Maori tribal tattoos are really popular (rugby culture is really strong in Clermont-Ferrand), but realistic tattoos are on the rise lately.
I have 3 main references when speaking about French tattoo artists: Yann Black, Jean-Luc Navette and l’Andro Gynette. Their sensitivity, the very way they think is visible in their work. With them, it’s beyond a mere tattoo, the graphic impact is up to the reasoning.

7. Tell us something about yourself that will allow us to know you better? (character traits, what do you like (outside tattoos) etc.)
J’essaye d’être une bonne personne à mon échelle et d’ouvrir les yeux sur la chance que j’ai. Pour le reste il faudrait simplement se rencontrer…j’aime apprendre, découvrir et remettre en question; j’aime la vie, j’aime rêver et philosopher et pour être honnête à un moment ou un autre, tout rebondit sur le dessin ou le tatouage.

I try to be a good person, on my small scale, and to be conscious of how lucky I am. To know more about me, you should actually meet me… I like to learn, discover and question; I love life, I like to dream and think, and to be honest, it always ends up being about drawing or tattooing.

8. What do you know about Poland? Do you know polish tattoo artist?
Soyons francs, Wikipedia est mon ami :) . Je connais la Pologne uniquement de réputation pour sa culture graphique et son Tatoofest. On me rapporte le côté convivial d’une grande convention. Pour le coup j’ai fouillé et le travail de Musca Imago a retenu mon attention autant pour ses tatouages que ses illustrations.
...Tatouer en Pologne, pourquoi pas !
Frankly, Wikipedia is my friend on this one. J All I know about Poland is its good reputation in graphic culture and its Tattoofest. I heard about the conviviality of a big convention. I did some research and Musca Imago’s work (both tattoos and illustrations) really held my attention.
… I may come and tattoo in Poland one day, why not?

9.How do you see your future? What changes in your tattoos?
Je ne vois pas mon futur, je préfère garder la surprise. J’humanise mon activité au maximum et je profite de ma vie au quotidien. J’ai envie de contribuer au paysage du tatouage à ma façon et autrement qu’en restant derrière mes aiguilles ou mon nom; ma chaine Youtube en témoignera peut être...
Je pense continuer de me poser un tas de questions.
Je vous remercie d’avoir posé les yeux sur mon travail et de m’avoir posé ces questions, j’espère pouvoir venir dans l’Est maintenant.
I don’t see my future, I prefer to keep it as a surprise. I make my activity as human as I can and I enjoy life day after day. I’d like to contribute to the tattoo world on my own way, and not only with my needles or my name, it may happen on my YouTube channel...
I think I’ll keep wondering about lots of stuff.
Thank you for taking interest in my work and asking these questions, I hope I will be able to go East now!

Merci à Nadège Gayon Debonnet pour la traduction!

dimanche 20 décembre 2015


Première chose, si tu ne connais pas le travail de L'Andro Gynette, tu peux torturer ton cœur sur sa page facebook  <<

Pour la suite, voilà en quoi c'est une expérience:

-L'Andro Gynette et moi vous recevrons en privé à Chamalières du 19 au 23 avril 2016, l'atelier sera disposé de tel que nous pourrons travailler à deux sur une seule personne à la fois.
-Les dessins seront à découvrir le  jour du tatouage pour que nous puissions "créer" avec plus de liberté de notre côté.

-Cadavre exquis / surimpression / découpage / diptyque / duel-graphique ... ce sont vos histoires et le goût que vous souhaitez donner qui nous aideront à élaborer notre recette.
-Tout contact se fait par mail ici:

-Votre mail doit comprendre:
   +vos coordonnées.
   +une photo de l'emplacement "donné".
   +une histoire à raconter.
   +un résumé de la personne que l'on va rencontrer ... TOI !
   +ta confiance.

Depuis juillet 2015 je prends des notes pour rédiger ma première vidéo "découverte de tatoueur" et l'Andro Gynette était la première sur la liste ... mal-heureusement ma prise de renseignement et notre entente nous ont amenés à collaborer sur ce projet - annulant donc cette première vidéo*.

*parenthèse: ne voulant pas utiliser les vidéos "découvertes de talents" pour faire la promotion de mon atelier de manière indirecte; j'ai annulé l'épisode "Andro Gynette" (et donc de repousser mon premier épisode) puisque nous collaborons et qu'elle bénéficie actuellement d'une belle couverture médiatique.

mardi 27 octobre 2015


Cette fin de semaine passée fut très intense en émotions puisque j’ai entendu puis participé à deux histoires qui ne laissent pas indifférent. Dans le prolongement de ma recherche de l’accident comme détail unique, ces personnes sont allées bien plus loin tant elles font preuve d’acceptation et d’optimisme dans la difficulté.

J’ai de l’intérêt pour les écorchés tant leur vécu les rend poètes malgré eux. Non que je souhaite vivre des “malheurs” mais plutôt que si je vivais un “accident” je souhaiterais pouvoir me relever avec autant de force.

Sans rentrer dans le fond de ces deux projets, je peux vous dire qu'entendre: “je les ai enfin retrouvé”- en parlant de cicatrices- et “tout est parfait” -en parlant d’un texte raturée- surprend autant que cela puisse paraître logique.

C’est difficile à comprendre ou accepter mais peu importe votre accident, aussi dur qu’il puisse être, si vous arrivez à vous en relever, la vie ne sera que meilleur.

Et je rajoute: “accepter d’avancer ne veut pas dire oublier”.

Une pensée pour toi Julien.

samedi 27 juin 2015

Tatouage et écriture: partie1

Même si elles ne sont pas systématiques, les écritures ont toujours existé dans le tatouage. Et comme tous les tatoueurs, j’ai dû en faire à répétition pour “apprendre”. Mais aujourd’hui, j’ai réellement conscience de leurs forces et de leurs faiblesses. Je suis donc capable de vous expliquer pourquoi je peux refuser une écriture dans un cas et l”’imposer” dans un autre.


 Avant de l’utiliser, il faut comprendre le pouvoir des écritures (je dis bien écritures au lieu de typographie ou calligraphie car je tiens à inclure les traitements moins nobles). Dans le cadre d’une composition, j’interprète l’écriture comme la voix qui vient compléter une musique. Celle-ci attire l’attention bien plus que l'environnement qui l’entoure. Un mot prononcé ou écrit implique un message, et la curiosité humaine fait que l’on cherche systématiquement à le comprendre. Et si l’on ne cherche pas à le comprendre, il détournera forcément notre attention.

Par exemple : essayez de parler à quelqu’un sans lire ce qui est écrit en plein milieu de son T-shirt!
Sur ce principe on peut donc grogner ou gribouiller un semblant de mot pour stimuler l’imagination des gens. 

C’est donc incontestable, même s’ils nous envahissent, les mots nous attirent. Et c’est justement cela qui pousse des millions de personnes (et je mesure sans exagération) à se faire tatouer le prénom de leur enfant sur le poignet. “C’est petit, c’est efficace et ça reste personnel“. Et bien je ne suis pas d’accord avec ça, cette méthode est réductrice. Je refuse de résumer une personne que j’aime par son simple prénom sous prétexte que c’est efficace. La relation exclusive que je vis avec une personne existe à cause d’un échange, d’une passion, d’un voyage, d’une réflexion, d’un concours de circonstances ou même d’un accident… et c’est cela qui doit être mis en avant. L’acte du tatouage est symbolique ; la recherche et la conception en sont les piliers. Faites de vos projets des pièces réellement personnelles. Vous n’êtes pas artistes mais vous avez forcément une sensibilité qui alimente votre personnalité et celles-ci vous aideront à caractériser vos intentions.

Attention, cela ne veut pas dire que je suis réfractaire à l’emploi des écritures en tant que telles. Illustrer les histoires que l’on me confie en les dessinant, c’est ce que je préfère, mais il y a des textes qui ne peuvent pas exister sous une autre forme, soit par leur taille, soit par leur fond. Les puristes diront qu’il est impossible d’illustrer un texte sans déformer le propos, le style, ou le contexte. Le choix d’une typographie devient alors décisif tant elle a le pouvoir d’accentuer ou d’atténuer  la lisibilité et le caractère d’une lecture.
Avec cette même conscience, la construction typographique peut devenir un travail d’orfèvre. A titre d’exemple, vous pouvez aller voir le travail d’Oked, Norm Will Rise, Lucho Morante, Pokras Lampas ou encore Sadhu le Serbe.

Pour conclure et éclairer ceux qui ne savent pas où je me situe dans tout ça, j’assure mes rendus avec une demi douzaine de typographies récurrentes qui m’aident à garder une tonalité dans ma production. Les seuls partis pris typographiques que je souhaite développer sont liés aux gestes aléatoires d’un ductus naturel et dynamique ou à la rigueur d’un texte strict.
En gros, je veux continuer à ponctuer mes illustrations de typographies, donner de l’amplitude à mes mouvements quand quelques mots suffisent et accentuer ma rigueur dans le traitement des blocs de textes.

Je salue Olivier Boissié que j’ai ennuyé plus jeune et qui m’a permis d’écrire ces lignes aujourd’hui. :)

PS : Le mot exception fait partie de mon dictionnaire.
PS2: La seconde partie de cet article est basée sur la création pure ; à suivre ...

mardi 21 avril 2015

Une absence justifiée.

Pour celles et ceux qui se demandent pourquoi cela fait 10 jours que je ne publie plus rien (et pourquoi je n’en publierai pas plus au cours des 10 prochains jours) sachez que l’envie et les occasions ne manquent pas. Réagir instantanément aux événements qui nous affectent en les partageant est devenu un automatisme auquel je ne souhaite pas obéir, cette fois-ci.

J’ai donc pris le temps de me cacher dans cette illustration et de vous emmener au centre de mon histoire sans vous en livrer tous les codes. Un détail, aussi insignifiant qu’il puisse paraître, recèle une puissance cachée qui permet de reconstruire brique par brique l’histoire dont il est issu. Ce qui est souligné permet de plonger au plus profond d'une intimité au nez et à la barbe du monde entier. En regardant cette image, ma femme sait exactement de quoi je parle car aujourd’hui notre fils a une semaine !

Pour parler illustration/tatouage, en espérant que cela vous aidera à réévaluer vos jugements, ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas une image qu’elle ne veut rien dire ou qu’elle ne vaut rien. Si nous avions la possibilité de communiquer avec un humanoïde, il est probable que nous ne pourrions pas comprendre tout ce qu’il dit et pourtant nous ne négligerions pas le potentiel de son message.

“Ne jugez pas trop hâtivement ce que vous n’avez pas la possibilité de comprendre”.

Finalement, si je prends le temps de vous écrire tout cela, c’est parce que je pense que le plus grandiose des feux d’artifice ne méritera jamais plus d’attention qu’un détail caractéristique de votre vie. Si "les choses ont la valeur qu’on leur donne", je choisis de miser gros sur les anecdotes qui nous appartiennent. Pas vous?

mercredi 11 mars 2015

Mondial du tatouage 2015 vu d'un tatoueur

***Ayant donné priorité aux mails relatifs au mondial sachez que  je reprends le rythme normal cette semaine. Je continue donc de répondre aux mails à la suite (184 mails actuellement)***

  photo  Xavier Dollin

A l’heure où j’écris je m’apprête à sortir les aiguilles mais j’ai des choses à évoquer avant de reprendre mon quotidien...
Retour en arrière sur un weekend marquant dans une vie de tatoueur.
Mon premier Mondial du tatouage à Paris.

Tout a commencé il y a quelques mois quand on a validé ma participation. Il n’avait fallu que quelques semaines pour remplir mon agenda, mais à 10 jours du mondial alors que je prépare mes motifs, 3 projets majeurs sont annulés. L’un d’entre eux pour des raisons médicales et les 2 autres surement perdus dans la quatrième dimension vu qu’il était impossible de les joindre (je soupçonne tout de même un complot extraterrestre vu qu’il y avait encore de l’activité sur leurs pages facebook respectives). Mais une parution improbable m’a permis de remplacer ces rendez-vous aussi rapidement avec des projets plus intéressants encore. C’est donc avec le sourire que je me suis préparé et rendu au mondial le jeudi.
J’ai eu un coup de panique en voyant le retard que je prenais sur le périphérique mais tout rentra dans l’ordre puisque mon stand fut un des derniers installés en matière de panneaux et d’électricité… le privilège du Balcon 8 >>> personne ne le trouve facilement mais tout le monde y est à l’aise.

J-1 J-2 J-3:
MAIS COMMENT PEUT-IL Y AVOIR AUTANT DE MONDE? Honnêtement je n’ai pas eu le temps de beaucoup lever la tête, mais l’ambiance globale avait un effet très stimulant. Je suis resté très bien entouré tout le long du weekend , tant par mes amis que des clients fidèles, des confrères ou de futurs clients très enthousiastes, par ailleurs 37 personnes ont trouvés mes stickers cachés ( vous avez été curieux, je vous en remercie). Tout le monde a honoré son rendez-vous (les Suisses à l’honneur) et j’ai même eu le temps de faire une session free-hand le samedi soir. Beaucoup de personnes ont également patientés pour pouvoir discuter pendant les créneaux prévus, je vous remercie d’avoir patienté pour mon retard. Enfin, l’équipe MadmoiZelle est passée pour me poser quelques questions, je me contente donc de finir ce paragraphe avec leur vidéo sur ce lien <<<

Pour être plus claire: “Je me représente l’illustrateur comme quelqu’un qui pense avant tout à rétablir une histoire ou un propos en images. Il y a une notion de sens et de conscience”.

Le démontage et le retour à Clermont-ferrand se sont également fait dans le sourire mais avec un air plus flapi. J’imaginais l’état d’ébriété comme cela, entre fatigue et satisfaction. Le lundi et le mardi suivant n’ont donc été que gueule de bois…
La leçon du weekend: ne pas boire un demi litre de jus de pomme quand aller aux toilettes est une telle mission.

  photo  Jérémie Fulleringer

Pour ne pas faire de favoritisme je me contenterai d’un merci général .

jeudi 5 mars 2015

Au mondial du tatouage 2015

Depuis ces derniers mois, ma vie change en de nombreux points ... ma participation au mondial contribue à mon épanouissement et ce weekend risque d'être "aussi long que court" (je suis certain que je me fais comprendre).

C'est armé d'un nouveau book très sélectif de tatouage et d'un carnet d'illustration, que je me présente. Effectivement j'ai décidé de mettre l'accent sur ce qui me caractérise le plus.
*Croyez moi il faut faire preuve d'une certaine abnégation pour ne pas tout montrer.*

Disons que le mondial est une grande discussion de 340 tatoueurs à 25000 visiteurs et le meilleur moyen d'être entendu (sans méthode vulgaire) est de parler clairement de ce que l'on aime le plus .
Ça ne veut pas dire que je dénigre le réalisme et la gravure ... mais vu les circonstances, certains tatoueurs auront un discours plus intéressant que moi sur ces points et les traiteront avec plus de plaisir.

Donc j'aime le noir, j'aime les lignes droites, j'aime suivre une direction stricte tout en étant ouvert aux bénéfices de l'accident, j'aime l'asymétrie rigide, j'aime le rêve, j'aime les émotions et la spontanéité, j'aime les contrastes, j'aime raconter des choses en dessinant, j'aime me poser des questions sans savoir si je vais trouver une réponse incontestable ... et il y a de la place pour ceux qui souhaitent entrer dans la discussion.

Vous trouverez ci dessous mes horaires  allouées à la "discussion". A demain !

mardi 24 février 2015

Une semaine de recherche et de filles rigidifiées.

Je suis arrivé au bout d'une semaine de portraits de femmes en développant une alternative à mes "rigidifications" habituelles. La courbe a retrouvée une place dans mon travail et je peux désormais jouer avec un nouveau contraste de forme.  Certaines illustrations sont disponibles à la vente et d'autres pour le tatouage. Contactez moi simplement par mail pour en discuter.

J'avais fait une première tentative l'année dernière après avoir digéré le livre rétrospectif de G.Doré. Maigre résultat: une Blanche Neige suivie d'une Evil Queen, puis un retour à la normale .

*** Sachez que je poste régulièrement l'avancement de mes travaux sur Facebook ainsi que des fragments de mon quotidien sur Instagram.

lundi 12 janvier 2015

Faction Audiovisual - Tatouage de G.Méliès

Nous avions tourné cette vidéo il y a presque 6 mois avant que je m'installe à Chamalières, mais les événements ont ralenti l'édition et la publication de ce projet. 

Ces derniers mois de travail "en autarcie" m'ont permis d'affirmer mes choix et la direction que je voulais emprunter - je suis en quête de lisibilité, d'unité, de partage d'histoire et de sensations- et quelques thématiques récurrentes me sont apparues.

"Je ne crée définitivement pas d'histoire. Je donne simplement une autre forme à celles qui me touchent, j'accentue la perspective qui m'interpelle le plus et je compose autour."

Cette vidéo n'est pas à la hauteur de ce que j'aimerais vous montrer à l’heure actuelle (je ne parle que de mon intervention et pas du travail de mes amis) mais elle est juste avec ce que je ressentais à cet instant. Ma timidité et mes fautes de langage en témoignent.

Aujourd'hui plus que jamais vous pouvez comprendre qu'il est plus facile de communiquer en dessinant.

mercredi 7 janvier 2015

Conseils pour ne pas se piquer en tatouant

Prendre une résolution ce n’est pas forcément dire qu’on cherche à supprimer une tare, ça peut simplement traduire l’envie d’améliorer une situation. Et en ce début d’année, j’ai envie de partager l’une d’entre elles…

Effectivement, je ne connais pas encore un seul tatoueur qui ne se soit jamais piqué accidentellement (même les plus grands). Un “clip-corde” qui traîne, un démontage maladroit, une machine cachée sous un Sopalin ou tournée vers l’extérieur et pourquoi pas un faux mouvement... Je vais donc essayer ici d’établir/rappeler quelques règles simples
pour limiter ces erreurs.

En découpant étape par étape, il n’y a que 5 moments où l’on risque de se piquer (attention je ne parle pas d’hygiène ici car c’est un point bien plus complet qui mérite un article beaucoup plus lourd) :

- Montage >>  Au déballage des aiguilles, il convient de ne pas les quitter des yeux tant qu’elles ne sont pas montées en machine. Lors du montage, les pointes des aiguilles doivent toujours être dirigées vers le bas et vers l’extérieur. Inutile de brancher sa machine avant de s’asseoir pour tatouer. Gare au “clip-corde” qui se prend dans les jambes ou dans les pieds de la chaise. Pensez votre plan de travail méthodiquement pour avoir vos machines à vue lorsque vous prendrez de l’encre, de la vaseline, du Sopalin ou une autre machine en tatouant.

- Tatouage >> Cette partie est la plus difficile à réglementer car le tatouage c’est comme le dessin. Il y a autant de styles qu’il y a de façons de tenir sa machine, d’angles de travail ou de vitesses d’exécution. J’en passe... Sur ce point, je conseille de travailler sur des appuis fixes et stables, et de ne pas hésiter à renouveler gants et Sopalin si ces derniers vous font glisser. Vous pouvez doubler ou tripler le nombre de gants de la main qui ne tient pas la machine puisque c’est la plus vulnérable.

- Pauses et interruptions >> C’est à ces moments-là que l’on se pique le plus souvent car c’est une situation que l’on ne prévoit pas. Il faut donc acquérir des automatismes. Peu importe la nature de l'interruption : poser la machine dans le bon sens (toujours visible sur le plan de travail) et déconnecter le “clip-corde” systématiquement pour ne pas l’entraîner (vous ou votre client). Quelqu’un vous parle et la discussion vous empêche de bien réfléchir : posez votre machine ou reportez votre discussion à plus tard.

- Fin du tatouage >> Comme pour une interruption ou une pause, il faut se déconnecter pour ne pas risquer d’entraîner la machine. De plus, elle doit rester visible sur le plan de travail.

- Démontage >> Lors du déplacement - s’il y en a un - veillez à ce que les aiguilles pointent vers le bas (pensez également votre zone de travail pour réduire ou au moins limiter vos déplacements). Démontez vos machines une par une au dessus du bac de décontamination.

Peu importent les qualités d’un tatoueur, il suffit d’une fois pour que cela ne serve plus à rien.

Points forts :

* S’accorder pour toujours poser la (les) machine(s) dans le même sens avec une vue dégagée sur les aiguilles, orientées vers l’extérieur selon sa prise habituelle.

* Une machine posée, doit être débranchée et les aiguilles ne doivent jamais sortir du plan de travail.

* Organiser son espace !

Si vous trouvez cet article utile et que vous pouvez l’enrichir ou même le simplifier, n’hésitez pas à intervenir ci-dessous.